Archive | Compte-rendu RSS for this section

Faire une recherche, ça s’apprend!

L’équipe de Martine Mottet, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval à Québec, a produit un site et toute une série de documents de type situation d’apprentissage, regroupés sous le chapeau du projet Faire une recherche, ça s’apprend!

Plusieurs mythes, ou plutôt des a priori, y sont déconstruits. Par exemple, puisque nous cherchons quotidiennement sur Google, nous croyons savoir comment le faire efficacement. Pourtant, très peu d’entre nous utilisent les opérateurs booléens (ou opérateurs logiques) de la fonction de recherche avancée pour restreindre et augmenter la pertinence des résultats affichés.

Les élèves doivent aussi apprendre à ne pas chercher le saint Graal, LA page parfaite qui répondra à leur question. Cela se fait d’abord en amont, en les obligeant ne pas poser une question fermée à laquelle on ne peut répondre par oui, par non ou par une réponse courte. La question de recherche, ou problématique, doit être ouverte, demander que l’élève prenne position sur la base des informations qu’il aura trouvées. Ensuite, en aval, les élèves doivent apprendre à critiquer les informations qu’ils trouvent, notamment à l’aide du 3QPOC.

AfficheEvaluerSite

Les outils proposés vont du journal de bord aux signets de sites Internet recommandés par l’équipe en passant par des affiches et des textes destinés aux élèves.

Les temps en histoire

Le temps peut être divisé de plusieurs façons, selon la perspective adoptée et le problème posé. L’histoire étant, comme l’a dit Jacques Le Goff, un « système d’explication des réalités sociales par le temps » (PFEQ, chap. 7, p. 1), il est évidemment important de comprendre ces divers modes de représentation du temps qui teintent notre regard sur le monde.

On distinguera d’une part 1) le temps quantitatif et, d’autre part, 2) le temps qualitatif.

1) Le temps quantitatif est divisé selon des conventions qui ne varient jamais, qui sont totalement dégagées de l’Homme qui, on le sait, est la mesure de toute chose. À l’intérieur de cette catégorie, on distinguera i) le temps linéaire et ii) le temps cyclique.

i) Le temps linéaire est celui qui ne revient jamais, celui qui nous permet de dater précisément les événements historiques, mais aussi d’en calculer la durée objective. Ce sont les millénaires, les siècles, les années, etc.

ii) Le temps cyclique, lui, forme une boucle qui se répète selon des intervalles plus ou moins grands. Ce sont les saisons, les mois, les cycles lunaires, les jours de la semaine, l’alternance jour/nuit, le calendrier maya, etc. Dans le temps cyclique, il n’y a pas de réelle antériorité et postérité, puisque chacun des éléments constitutifs du cycle est appelé à se répéter. Ainsi, on ne peut pas dire que l’été suit ou précède l’hiver, puisqu’il y eut des étés avant et qu’il y en aura après.

2) Le temps qualitatif est celui qui sert à mesurer les durées relatives selon le sujet abordé et selon la personne qui vit ou observe l’événement. On distinguera, par exemple, le temps géologique, le temps politique, le temps économique, le temps social, le temps psychologique, etc.

Concept de temps

Ainsi, les outils qui servent à mesurer le temps sont nombreux pour représenter les temps à l’intérieur desquels les événements se passent : montre, horloge, calendrier, ligne du temps, agenda, rotation de la Terre, révolution de la Terre, atome de césium 133, etc.

Fernand Braudel, dans l’introduction de sa célèbre thèse La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, distinguera trois types de temps, une idée qu’il développera dans de nombreux articles :

« Tout travail historique décompose le temps révolu, choisit entre ses réalités chronologiques, selon des préférences et exclusives plus ou moins conscientes. L’histoire traditionnelle attentive au temps bref, à l’individu, à l’événement, nous a depuis longtemps habitués à son récit précipité, dramatique, de souffle court.

La nouvelle histoire économique et sociale met au premier plan de sa recherche l’oscillation cyclique et elle mise sur sa durée: elle s’est prise au mirage, à la réalité aussi des montées et descentes cycliques des prix. Il y a ainsi, aujourd’hui, à côté du récit (ou du « récitatif » traditionnel), un récitatif de la conjoncture qui met en cause le passé par larges tranches : dizaines, vingtaines ou cinquantaines d’années.

Bien au-delà de ce second récitatif se situe une his­toire de souffle plus soutenu encore, d’ampleur séculaire cette fois: l’histoire de longue, même de très longue durée. La formule, bonne ou mauvaise, m’est devenue familière pour désigner l’inverse de ce que François Simiand, l’un des premiers après Paul Lacombe, aura baptisé histoire événementielle. Peu importent ces formules; en tout cas c’est de l’une à l’autre, d’un pôle à l’autre du temps, de l’instantané à la longue durée que se situera notre discussion. » (BRAUDEL, p. 44)

C’est donc dire qu’à certains égards, nous traversons l’histoire, mais qu’elle aussi nous traverse.

Bibliographie :

  • BRAUDEL, Fernand, Écrits sur l’histoire, Paris, Flammarion, 1985.
  • POMIAN, Krzysztof, L’ordre du temps, Paris, Gallimard, 1984.

Document de consultation – Pour le renforcement de l’enseignement de l’histoire nationale au primaire et au secondaire

Le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport vient de mettre en ligne le document qui guidera la consultation publique au sujet des cours d’histoire. Intitulé Pour le renforcement de l’enseignement de l’histoire nationale au primaire et au secondaire, ce document se concentre pourtant bien davantage sur les cours de 3e et 4e secondaire. Un espace de discussion limité est accordé aux programmes du primaire, où l’on s’attend à ce que des modifications s’imposent suite à celles qui seront faites au secondaire.

Les principaux sujets abordés sont :

  • Les organisations chronologique et thématique
  • Les connaissances
  • Les compétences et habiletés
  • La méthode historique
  • La place des sources dans l’enseignement
  • Le caractère téléologique du programme
  • La place accordée à l’éducation à la citoyenneté
  • La pertinence d’adopter un cadre national (et la signification de « national »)
  • Etc.

Le communiqué de presse qui annonçait le lancement de la consultation publique est disponible sur le site du Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

Mise à jour le 13 novembre 2013

Annie Mathieu, « Enseignement de l’histoire : un programme à l’essai en 2014 », dans Le Soleil, 12 novembre 2013.

L’étalement sur deux ans de la matière dans un projet pilote pose la question de l’épreuve unique. Sera-t-elle la même pour les écoles pilotes et le reste du Québec?

Aussi, avec un programme étalé sur deux ans, pourra-t-on évaluer l’ensemble de la matière vue en 3e et 4e secondaire, ou n’évaluera-t-on que celle vue en 4e secondaire? Puisque la césure risque d’être en 1840, 1850 ou 1867, n’évaluer que le contenu de 4e secondaire ferait en sorte que l’épreuve de sanction ne toucherait pas la traite des fourrures, la Bataille des plaines d’Abraham, les Rébellions, etc. Évaluer le contenu sur deux ans apporterait lui aussi son lot d’inconvénients.

De deux mots, lequel sera le moindre?

Refonte des programmes d’histoire : Dossier de presse

J’ai essayé de faire ce dossier de presse le plus complet et le plus neutre possible, afin de représenter le plus de points de vue possibles sur la refonte des programmes d’histoire du primaire et du secondaire. Je ne me suis pas intéressé aux modifications à prévoir au curriculum collégial, qui sont trop éloignées de mes préoccupations professionnelles.
Consulter le dossier sur Diigo ou sur Evernote.

Écoles à l’examen : notre système d’éducation vu de l’intérieur

Claire Lamarche proposera à l’automne une série de reportages sur l’école québécoise. L’annonce a été faite par voie de communiqué, à lire sur le site de Télé-Québec.

Samuel de Champlain, espion d’Henri IV

L’historien Éric Thierry expliquait à l’émission Dessine-moi un dimanche que des documents montrent clairement que Samuel de Champlain était un espion au service du roi Henri IV. Le roi aurait notamment été intéressé à savoir les ressources auxquelles les Espagnols avaient accès en Amérique. Champlain aurait ainsi réalisé plusieurs cartes géographiques pour le compte des services de renseignement du roi; une technique qu’il aurait appris très jeune au Service des logis.

Le livre d’Éric Thierry sera publié le 21 aout 2013.

Modification des programmes d’histoire

Selon les dernières informations parues dans les journaux, la modification des programmes d’histoire ne serait pas pour bientôt.

Le journal Le Devoir rapporte les propos suivants de Pauline Marois :

« Pauline Marois veut renforcer l’enseignement de l’histoire au Québec, du primaire au collégial, car elle estime qu’il est présentement défaillant. Ce renforcement prendra toutefois « quelques années » avant d’être mis en oeuvre, a-t-elle fait savoir lundi, lors d’un discours à l’occasion de la Journée nationale des patriotes, prononcé à Saint-Eustache. » [Source]

La même nouvelle a été relayée par La Presse.